Après avoir appris à lire et comprendre les classes 1 et 2, après avoir "détecté l'exceptionnel", il faut bien se résoudre à avancer vers la classe 3.

Et la classe 3, ce sont les stocks dans tous les sens du terme (marchandises, matières premières, produits en cours, produits finis...et je me lasse d'en faire l'inventaire tant il y a de catégories de stock).

Comme toujours, nous allons être simples et commencer par le commencement.

Vous débutez l'activité de votre boutique:

- vous achetez 3000 avec votre apport, (que vous comptez revendre 7000)

- manque de chance, vous ne pouvez pas ouvrir, et vous ne vendez rien.

- à la fin de l'exercice comptable, vous vous retrouvez sans recettes mais avec votre stock.

Votre bilan :

stock

Vous avez un  de compte de résultat qui affiche:

- des achats pour                             3000  (débit)

- la variation des stock pour             3000 (crédit)

 

Mais l'idée vous passe par la tête que le stock acheté 3000 comprend des "rossignols, qui seront difficiles à vendre et même quasi invendables à haureur de 1000.Vous voici donc avec un stock de 2000 et des comptes modifiés :

stock

Vous aurez même droit à un compte de résultat, dégageant la même perte:

- achats pour                                  3000 (débit)

- variation stock                              2000  (crédit)

- perte                                             1000.

Et voilà pourquoi l'idée  tant répandue que le fait de "couper dans le stock" minimise les bénéfices.

Ce qui n'est pas faux puisque le stock est une richesse figurant à l'actif et que toute dissimulation ou minoration d'actif engendre une "perte" à due concurrence.

Mais l'idée a tellement mal fait son chemin que, pour beaucoup, le stock est un bénéfice...Quoi de plus logique puisque sa diminution engendre une perte !

Et des âneries pareilles ont la peau dure d'autant qu'elles sont relayées par la rumeur et que chacun peut plus ou moins s'y reconnaître.

Que le fait de minorer l'actif par tous moyens (amortissements, provisions ou autres ) soit générateur de "perte de substance" et donc de perte tout court n'échappe à personne et il est fort bizarre que le fait de diminuer le stock, avec ou sans raison, ne soit pas assimilé à ces autres opérations dont la nature est srictement la même.

Par contre, reste dans les esprits que le stock est un élément de bénéfice alors que c'est un élément d'actif comme tant d'autres.

A contrario, je n'ai jamais entendu dire que les investissements de la classe 2 constituaient un bénéfice, pas plus que je n'ai entendu dire que la TVA récupérable inscrite à l'actif contribuait à l'augmentation du bénéfice de l'exercice. Je vous épargne le solde débiteur du compte "état IS" en cas d'excédent d'acomptes.

Mettez vous une bonne foi pour toute en tête que le stock constitue un actif comme les autres (classe 2, classe4 et 5) et qu'il ne constitue pas en soi un élément constitutif du bénéfice.

 

Qu'il n'en demeure pas moins vrai que le fait d'en diminuer la valeur est une manière de déprécier un élément d'actif (à tort ou à raison) et que cette diminution de valeur constitue un manque à gagner et donc....une perte.

Vous verrez, quand vous rencontrerez votre expert comptable pour arrêter le bilan, plutôt que de suggérer de "couper un peu dans le stock", suggérez de "couper un peu dans la trésorerie" : c'est la même chose, c'est un actif que l'on diminue pour constater une perte.

Vous passez donc à la banque, vous retirez 5000 et vous les brûlez dans le cendrier ou dans la poubelle du comptable : ça vous fera des frais (pertes) et , en plus, ça vous donnera un sacré coup d'originalité.

Allez, même si ça vous arrange, le stock n'est pas un bénéfice. Si vous avez déjà compris ça, c'est bien ; pour le reste c'est vos affaires...........