NON !! Nous n’en sommes pas aux IFRS et à la « Fair Value ».

Nous n’en sommes qu’au bon sens qui doit prévaloir dans l’établissement de ratios.Je vous l'ai dit précédemment, on pèle le saucisson avant de le trancher; en gros, on le prépare...

Très récemment, je vous ai envoyé sur un site sérieux (Wikipédia) pour vous monter l’étendu de ce que vous pouviez faire en matière d’analyse et de ratios et je me flatte de ne pas faire d’obstruction puisque vous en avez vu plus que je n’en connais.

Après, c’est comme les rayons d’une pharmacie, vous pouvez tout prendre puisque tout est sensé guérir mais vous êtes guettés par l’overdose,  la contre-indication et le ridicule.

Je parle de ridicule uniquement pour vous faire remarquer que le lait maternel vendu en pharmacie est peu propice au traitement du rhume des foins et que dans les ratios vers lesquels je vous ai savamment envoyés, il y a aussi du lait maternel pour entreprises bedonnantes.

 

Alors, à chacun de s’occuper de lui et de ses propres tracas :

 

-          Vous avez de la trésorerie « immobilisée » dans le compte client ?

Etablissez le ratio de crédit accordé à la clientèle en tenant compte de la saisonnalité et en éliminant le client « X » qui représente 20% de l’encours clients et dont vous savez, à regret et avec amertume, qu’il ne paiera jamais sauf inversion du sens de la rotation terrestre.

-          Et ne mettez pas « X » dans l’actif circulant pour calculer le Fonds de Roulement, le besoin en Fonds de roulement ou à ce qui se rapporte de près ou de loin à la gestion de trésorerie.

-          « X » est un actif immobilisé à déprécier qui constituera un profit exceptionnel s’il a la chance de gagner au loto et de pouvoir vous payer.

 

-je suis obligé de vous parler « stock » parce qu’une partie, souvent non négligeable du stock, est en fait « immobilisée », ne serait-ce que pour répondre régulièrement à la demande. Je ne m’acharne pas sur le scoubidou mais, admettez avec indulgence, que vous vendiez 1000 scoubidous par semaine et que le délai de réapprovisionnement en scoubidous soit de 5 semaines, vous êtes contraints d’avoir 4 semaines de stock (4000 scoubidous) devant vous pour assurer les ventes. Cette partie du stock est « immobilisée » et quelque soient vos calculs de rotation, vous devez exclure le « stock immobilisé » du calcul pour savoir si la gestion des stocks est correcte.

       

-          A l’inverse, dédaignez et sortez des immobilisations toute la machinerie dédiée à de la technologie en pleine évolution dont vous savez pertinemment qu’elle n’aura pas une durée de vie économique égale à celle des amortissements fiscalement admis et, quitte à être impertinent, réduisez vos capitaux propres du montant de la valeur résiduelle de ces engins avant d’établir vos ratios.

 

Allez, je vais être constructif et explicite :

Il y a une grande perméabilité entre les actifs immobilisés et les actifs circulants et une perméabilité équivalente entre les dettes et les capitaux permanents.

 Et, pour faire plus compliqué, il y a aussi une grande perméabilité entre l’actif immobilisé et les capitaux permanents et entre l’actif réalisable et les dettes à court terme.

 

J’étais venu faire un article pour vous éclairer et vous faire plaisir (bien que je sache que seules les OD et les écritures d’inventaire vous émerveillent) et je sens que j’en ai trop dit ou pas assez.

Alors, je vais encore simplifier :

Pour établir de vrais ratios…

-          Ce qui est récurrent et figé dans les créances ou dans le stock doit être incorporé aux éléments immobilisés quitte à faire l’objet de dépréciations qui impacteront directement les capitaux permanents.

-          Même chose pour les dettes figées (du type « compte courant exigible et non liquide », fournisseurs contestés à plus de 2 ans, ceci et d’autres venant également impacter les capitaux permanents (dans le sens positif cette fois).

 

Allez, un petit travail de reclassement, un peu de jugeote, un brin de masochisme et beaucoup de lucidité et vous êtes à deux doigts d’établir vos ratios !

Avouez que pour des néophytes qui ignoraient les rudiments comptables, c’est l’apogée de la consécration ! Mais, Dieu que c’est dur alors que vous n’en étiez qu’à pointer le grand livre.

Il est temps que je vous fasse une « passerelle » mais laissez-moi le temps de la construire !