C’est sur et certain : si vous avez mis toutes vos écritures dans le compte 471xxx en attendant des jours meilleurs, arrivera le jour de grâce ou toutes les OD du monde seront non seulement permises mais également préconisées.

Pris comme ça, j’ai l’air d’un voyant qui ne prédit que bonheur et félicité et c’est d’ailleurs ce que je vous souhaite « urbi et orbi », dans votre vie comptable et dans l’autre. Mais comme « l’autre » n’est pas dans mes attributions, j’en reviens à vos propos et à vos tendances naturelles.

Car vous êtes nombreux à avoir pris goût à une compta plus fun, une compta un peu « junkie » du 471xxx qui ne pose aucun problème au jour le jour mais qui, au contraire, laisse entrevoir un orgasme final pétillant dans un feu d’artifice d’OD !

Et en plus, j’ai bien conscience que c’est une manière d’interpréter mes propos en les arrangeants un peu au passage des aiguillages. Et voilà qu’au travers d’un discours pédagogique, j’ai fini par créer une race nouvelle : le comptable heureux !

Pas le comptable serré dans un costume étriqué et luisant de fatigue, pas le comptable triste balloté dans les transports en commun du petit matin, pas le comptable avide de rectifications et de calculs tournant fébrilement dans un bureau aux senteurs de poussière de gomme et de papier…

NON ! Tout simplement, le comptable heureux :

-        Heureux d’annoncer que le 471xxx n’est pas fait pour les chiens,

-        Heureux d’alléger sa fréquentation des bureaux,

-        Heureux de profiter de ses longues heures de loisir,

-        Heureux d’entrevoir le jour béni (pluvieux, si possible) où les OD tant désirées reclasseront sans douleur mais dans l’effervescence joyeuse, toutes les dérives insouciantes des imputations hasardeuses et improvisées.

Tout n’aura pas été forcément bon pour la comptabilité, mais pour le moral c’est quand même plus efficace qu’un antidépresseur.

Alors, si vous faites partie de ceux qui extraient de l’élixir de bonheur dans mes propos, je vous en remercie vivement et vous invite à les relire pour modérer votre enthousiasme. Oh que non, je ne suis pas contre cette béatitude spontanée mais j’aimerais éviter de créer des vocations dont j’ai la certitude qu’elles seront contrariées.